SORORITÉ entre femmes : Passer de la rivalité à la solidarité
- Claire BRIARD
- 13 mai
- 7 min de lecture
Psycho-Praticienne et passionnée par la Gestalt Thérapie depuis plusieurs années, j’aborde chaque accompagnement avec une approche humaniste, empreinte d’écoute, de justesse et de profondeur.
Mon objectif ? Aider les femmes à transformer leurs prises de conscience en actes concrets et à oser vivre des relations plus vraies, tout en honorant leurs émotions et besoins profonds.
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Et si les femmes apprenaient à être ensemble ?
Et si, au lieu de nous comparer, de nous juger, ou de nous méfier les unes des autres, nous choisissions de nous reconnaître, de nous soutenir et de nous élever, ensemble…
La sororité n’est pas un concept abstrait, bien que dans notre société cela ne soit malheureusement pas encore très développé…
C’est une expérience vivante et profondément transformatrice qui touche à l’intime :
Notre manière d’être femme avec d’autres femmes.
Dans une société qui a souvent nourri la rivalité féminine, retrouver le chemin de la sororité, c’est aussi et surtout retrouver une part de soi.
Une part de soi puissante, un mélange de douceur et de force, profondément réparatrice.
Sommaire :
Sororité : Au delà d’un joli mot, qu’est ce que cela signifie réellement ?
Pourquoi chaque femme a besoin d’alliées plutôt que de rivales
La Gestalt, une voie pour devenir sorore
Sororité et féminité : Quand l’une révèle l’autre
Pourquoi la sororité reste encore fragile ?
Une histoire de sororité : Quand le lien devient médecine
Conclusion : Oser ne plus être seule !
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1 - Sororité : Au-delà d’un joli mot, qu’est ce que cela signifie réellement ?
La sororité, c’est par définition, la capacité à reconnaître une autre femme comme une semblable, et non comme une menace.
C’est un lien horizontal, sans hiérarchie, sans compétition.
Une rencontre où chacune a la place d’exister pleinement, sans avoir à se comparer ou à se diminuer.
Être sorore ne veut pas dire être d’accord sur tout, ni aimer toutes les femmes.
Comprenons bien que, peu importe le sexe, nous ne pouvons ni aimer tout le monde ni plaire à tout le monde.
Mais rappelons-nous que les femmes font partie des minorités dans une société patriarcale, elles ont donc besoin de créer un lien de soutien, entre elles, pour se faire entendre et respecter !
Etre sorore, c’est plutôt :
Reconnaître l’humanité de l’autre,
Accueillir ses différences,
Refuser de nourrir la rivalité,
Soutenir sans se perdre.
La sororité demande du courage car elle implique de déconstruire des réflexes très anciens malheureusement bien ancrés dans notre société : jalousie, jugement, méfiance…
Elle invite à un changement de posture intérieure : Passer de la peur de manquer… à la confiance qu’il y a de la place pour chacune de nous.
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2 - Pourquoi chaque femme a besoin d’alliées plutôt que de rivales ?
Une seule femme face au monde peut tout à fait être forte.
Mais une femme soutenue par d’autres femmes devient presque inarrêtable.
De plus, la sororité répond à des besoins fondamentaux :
Se sentir reconnue
Etre vue par une autre femme, dans sa complexité et sans jugement, a une immense puissance thérapeutique.
Sortir de l’isolement émotionnel
Beaucoup de femmes portent seules leurs doutes, leurs blessures et leurs contradictions.
La sororité offre cet espace où les vécus de chacune peuvent être exposés et permettre à chacune de se reconnaître dans le témoignage d’une sœur et ainsi se sentir moins seule dans ses problématiques.
S’autoriser à être pleinement soi
Quand une femme voit une autre femme oser, elle se donne inconsciemment la permission d’en faire de même.
“Je ne serai pas libre tant qu’une seule femme sera privée de sa liberté, même si ses chaînes sont très différentes des miennes”.
Audre Lorde - Poétesse, professeure et figure majeure du féminisme
Cette citation est particulièrement puissante car elle rappelle que le lien entre femmes dépasse les différences et qu’il touche à la responsabilité collective.
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3 - La Gestalt, une voie pour devenir sorore
La Gestalt Thérapie offre un terrain particulièrement fertile pour développer sa sororité.
Parce qu’elle invite à revenir à soi pour mieux rencontrer l’autre.
Prendre conscience de ses projections
En Gestalt, nous apprenons à mettre en lumière ce que l’on projette sans le vouloir sur les autres femmes :
Jalousie,
Admiration,
Rejet.
Plutôt que de rester dans l’accusation, on se demande :
“Qu’est ce que cela vient toucher chez moi, dans mon histoire ?”
Accueillir ses émotions sans les transformer en comportements blessants
Être sorore ne veut pas dire que l’on ne ressent aucune rivalité.
Cela signifie être capable de la reconnaître quand elle se présente et de ne pas la transformer en attaque.
Développer une présence authentique
La sororité naît dans la rencontre réelle, pas dans des rôles sociaux.
La Gestalt encourage toujours une parole incarnée, sincère et vivante, qui permet des relations vraies et puissantes.
Apprendre la responsabilité relationnelle
Chaque femme devient responsable de ce qu’elle apporte dans la relation.
Cela crée des liens plus sains et plus conscients.
Peu à peu la relation aux autres femmes devient un terrain d’exploration plutôt qu’un champ de bataille.
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4 - Sororité et féminité : Quand l’une révèle l’autre
La féminité ne se construit pas seule. Elle se révèle, souvent, au contact des autres femmes.
Dans un espace de sororité, une femme peut :
Explorer différentes facettes d’elle-même
Sortir des modèles imposés et en imaginer d’autres, ensemble, plus alignés
Se reconnecter à son corps,
Oser sa sensibilité.
S’autoriser la présence d’autres femmes agit comme un miroir qui éclaire certaines zones d’ombre et permet la mise en lumière pour être transformé.
La sororité permet aussi de réconcilier des polarités souvent opposées :
Douceur et puissance,
Vulnérabilité et affirmation,
Intuition et ancrage.
Quand la rivalité disparaît, l'énergie se libère.
On sort de la crispation de la méfiance et on peut enfin utiliser cette énergie pour créer, aimer et exister pleinement.
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5 - Pourquoi la sororité reste encore fragile ?
Si la sororité est si bénéfique, pourquoi est-elle encore si peu développée ?
Parce qu’elle va à l’encontre de nombreux conditionnements sociétaux :
La culture de la comparaison
Dès le plus jeune âge, les femmes sont constamment comparées les unes aux autres sur leur apparence, leur réussite, leurs relations amoureuses.
Cela installe une logique de compétition dès l’enfance.
La peur du manque
L’idée qu’il n’y a pas assez d’amour, de reconnaissance ou de place pour nous toutes.
Cette peur pousse à voir l’autre comme une rivale.
Des blessures non guéries
Certaines femmes ont été profondément blessées par d’autres femmes.
Sans travail thérapeutique, la méfiance s’installe durablement.
Une méconnaissance de soi
Quand une femme ne se connaît pas, elle peut facilement se sentir menacée par ce que l’autre incarne.
La sororité demande donc un travail intérieur.
Elle ne peut pas être décrétée… Elle se construit, elle se vit et elle s’incarne pas à pas.
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6 - Une histoire de sororité : Quand le lien devient médecine
Alors évidemment, comprendre et vivre la sororité est un chemin…
Nous vivons dans une société qui valorise encore trop peu cette manière d’être en lien entre femmes.
D’autant que, toutes les femmes n’ont pas fait le chemin de compréhension d’elle-même au travers d’autres femmes.
Certaines femmes restent bloquées dans la croyance sociétale que nous sommes des rivales.
Mais en apprenant à faire ce parcours, vous saurez à qui vous pouvez donner votre confiance et à qui vous ne pouvez pas.
Car la sororité est avant tout une question de grande intelligence émotionnelle !
Imaginons deux femmes…
Marie et Sophie.
Marie arrive en thérapie individuelle avec une difficulté :
Elle se sent en compétition permanente avec les autres femmes. Elle a des mots durs qui exprime sa détresse et sa méfiance. Elle les juge, les critique, les évite et se compare sans cesse.
Sophie, elle, arrive en thérapie individuelle avec une autre difficulté :
Elle a toujours cherché l’approbation d’autres femmes, quitte à s’effacer complétement face à une femme qu’elle admire.
Ces deux femmes avec leurs approches très différentes, se rencontrent lors d’un cercle thérapeutique.
Au début, la tension est palpable, les regards en disent long…
Marie juge Sophie trop “gentille voir même mielleuse”.
Sophie, elle, semble totalement intimidée par Marie.
Puis grâce au cadre posé pour bien vivre ce cercle thérapeutique, quelque chose se passe…
Marie ose prendre la parole et dire ce qu’elle ressent à Sophie :
“Quand je te regarde je me dis que tu es mieux que moi”.
Sophie semble étonnée mais compréhensive, et elle répond :
“Et moi, je me sens rejetée par ton regard, j’ai l'impression que pour que tu ne me rejettes pas, je dois me faire toute petite.”
Toutes les deux, grâce à une posture d’authenticité, permettent le dialogue, la rivalité tombe et l’humanité apparaît.
Peu à peu pendant le cercle :
Marie apprend à se détendre dans la relation,
Sophie apprend à s’affirmer.
Elles ne cherchent pas à être identiques mais à devenir elles-mêmes.
Et surtout, elles découvrent qu’une autre manière d’être ensemble est possible.
Les bénéfices sont profonds pour chacune d’elles :
plus de sécurité intérieure,
moins de comparaisons,
plus de liberté d’être.
La sororité devient alors une expérience vécue… et plus seulement une idée.
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Conclusion : Oser ne plus être seule
La sororité n’est pas un luxe. C’est un besoin pour toutes les femmes.
Le besoin d’être en lien, sans masque.
Le besoin d’être soutenue sans condition.
Le besoin de grandir, sans être diminuée.
Mais ce chemin ne se fait pas seule.
Il demande un espace sécurisé, un accompagnement, un regard extérieur sur notre manière d’être en relation avec d’autres femmes.
C’est exactement ce que je propose dans mon travail thérapeutique.
Un espace où vous pourrez :
Explorer votre relation aux autres femmes,
Comprendre vos réactions,
Transformer la rivalité en lien,
Retrouver votre place.
Si quelque chose résonne en vous en lisant ces lignes, ce n’est sûrement pas un hasard.
Peut-être est-ce le début d’un mouvement.
Un mouvement vers des liens plus vrais, plus doux et plus profonds.
Et si cette fois, vous ne restiez pas seule avec ça ?
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