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Le pardon : Quand la Gestalt transforme la blessure en puissance !

  • Photo du rédacteur: Claire BRIARD
    Claire BRIARD
  • 25 févr.
  • 6 min de lecture


Psycho-Praticienne et passionnée par la Gestalt Thérapie depuis plusieurs années, j’aborde chaque accompagnement avec une approche humaniste, empreinte d’écoute, de justesse et de profondeur.


Mon objectif ? Vous aider à transformer vos prises de conscience en actes concrets, et à oser vivre des relations plus vraies, tout en honorant vos émotions et vos besoins profonds.


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Et si le pardon n’était pas ce que vous croyez ?


Si le pardon n’était ni un devoir spirituel, ni une preuve de maturité, ni un acte héroïque réservé seulement aux grands sages ?


Si c'était simplement un mouvement intérieur, organique, qui arrive quand quelque chose en nous se détend enfin !?

Dans la vision Gestaltiste, le pardon n’est pas une injonction, ni une performance morale.

C’est un processus de digestion émotionnelle.

Une expérience de contact avec ce qui a été blessé, trahi, abandonné… puis parfois transformé.

Le pardon n’est pas un raccourci. C’est un chemin qui traverse toutes sortes d’émotions et d’inconfort comme la colère, la tristesse, la confusion, la peur, le besoin de réparer.

C’est un chemin qui ne s’impose pas mais qui émerge. 


Dans cet article, nous allons explorer ce qu’est réellement le pardon à la lumière de la Gestalt, ses bienfaits, les outils concrets pour l'approcher, et surtout cette idée essentielle : Le pardon ne peut être vrai que s’il vient du cœur, au moment juste.


Sommaire : 

  1. Qu’est ce que le pardon ?

  2. Comment le pardon est un acte de guérison ?

  3. Les outils de la Gestalt pour accéder au pardon.

  4. Le pardon ne se force pas : comment reconnaître le moment juste ?

  5. Conclusion : Le pardon comme un chemin vivant d’évolution et de liberté !


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1 - Qu’est ce que le pardon ?


Le pardon est souvent confondu avec l’oubli, l’excuse ou la réconciliation. 

Loin de là la véritable notion du pardon !


Pardonner est un processus d’intégration ! 

Il consiste à reconnaître pleinement ce qui a été vécu, à accueillir les émotions associées, puis à relâcher l’attachement lié à la blessure.

Ce que le pardon n’est pas : 

  • Minimiser ce qui s’est passé,

  • Cautionner les actes,

  • Reprendre la relation !


La Gestalt considère que toute expérience inachevée cherche à se compléter.

  • Une blessure non digérée devient donc une forme inachevée qui va continuer de réclamer de l’énergie.

  • Elle peut se manifester par de la rumination, de la méfiance généralisée, des réactions disproportionnées?


Pardon pour permettre à l'expérience de se clôturer intérieurement, et non pas pour effacer l’histoire !


“Pardonner ne signifie pas oublier.

Cela signifie choisir d’aller de l’avant.”

Desmond TUTU - Archevêque anglican Sud-Africain


Ce qu’il cache derrière son message est profond et puissant !

Pour Desmond TUTU, le pardon n’est ni un acte naïf, ni un acte facile.


Il savait pertinemment qu’il y avait des blessures abyssales, mais croyait profondément que : 

  • Le pardon est un acte de liberté intérieure, 

  • Il ne signifie pas oublier et excuser,

  • Il permet d'empêcher la douleur de gouverner à l’avenir !



Le pardon est donc un choix, un mouvement conscient et naturel lorsque le cycle émotionnel a été mené à terme.


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2 - Comment le pardon est un acte de guérison ?


Le pardon n’est pas une faveur faite à l’autre. C’est un acte de santé intérieure.


Lorsqu’une personne reste accrochée à une blessure, elle maintient un lien énergétique invisible et constant avec l’événement ou l’auteur de la blessure.

Rester attachée à la blessure devient alors une prison intérieure.

Les bienfaits du pardon sont multiples : 


  • Une libération émotionnelle.


La charge affective diminue. Le souvenir peut rester, mais il n’est plus brûlant.

Il devient un chapitre de l’histoire, plus une plaie ouverte.


  • Une récupération d’énergie.


L’énergie (auparavant déployée pour se protéger, ruminer ou nourrir le ressentiment) redevient disponible pour la création, les relations, les projets.


  • Une restitution de la responsabilité.


La Gestalt insiste sur la responsabilité personnelle :

> Cela ne veut pas dire être responsable de ce que l’autre nous a fait subir, mais plutôt être responsable de ce que je fais de ce que l’autre m’a fait vivre.


Et c’est là que démarre le chemin.


Comprendre que reprendre son pouvoir permet de se libérer entame la marche consciente vers la libération de la blessure.


Pardonner c’est reprendre son pouvoir en faisant le choix conscient de faire de la blessure une force et redevenir responsable.


Ainsi ce n'est plus l'événement qui gouverne votre état intérieur !


  • Une plus grande liberté relationnelle.


Sans pardon, on projette l’ancienne blessure sur la nouvelle relation et ce, jusqu’à la conscientisation de nos schémas répétitifs :


C’est un peu comme si le passé infiltrait le présent.


Le pardon permet de revenir à une perception plus ajustée, moins teintée par l’ancienne douleur.


  • Une cohérence intérieure.


Quand le pardon émerge naturellement, il apporte une sensation d’alignement.

Il y a moins de lutte interne, moins de dialogue accusateur, plus de clarté !


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3 - Les outils de la Gestalt pour accéder au pardon.


La Gestalt ne vous propose pas une méthode toute faite et mécanique pour accéder au pardon.

Nous parlons là d’en vivre l’expérience par le corps, le cœur, le ressenti interne de votre réelle libération!


La Gestalt vous donne accès au pardon en vous offrant un espace d’expérience grâce à la relation thérapeutique !


Voici quelques outils puissants : 


La chaise vide : 

  • Installer une chaise vide en face de vous, imaginer la personne assise sur cette chaise.

  • Exprimer ce qui n’a jamais été dit. Sans aucune censure (colère déception, besoins non entendus…)


L’objectif n’est pas d’être sage mais d’être authentique et de vider votre sac.


Souvent le pardon n'apparaît que quand nous avons osé dire : “ça m'a fait mal”.


Le travail corporel : 

La blessure n’est pas seulement mentale : elle est somatique.


  • Observer où la tension se manifeste dans le corps : gorge serrée, poitrine contractée, ventre noué…

  • Respirer dans cette zone et relâcher la tension par la respiration pour laisser le corps terminer ce qu'il n’a pas pu faire à l’époque.


Le corps est un allié puissant pour clore les expériences inachevées.


L’identification des besoins frustrés.

Derrière chaque blessure se cache un besoin non satisfait : reconnaissance, loyauté, sécurité, amour.


  • Poser des mots sur ce besoin permet de déplacer le focus.


On ne reste pas figé sur l’offense.

On se reconnecte à ce qui était important.


Le dialogue des polarités.

Une partie veut pardonner.

Une autre refuse.


La Gestalt accueille ces deux voix !


  • On leur donne l’espace de s’exprimer.

(Souvent la partie qui refuse protège quelque chose de précieux.)


Lorsque cette protection est entendue, le système se détend.


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4 - Le pardon ne se force pas : comment reconnaître le moment juste ?


Le pardon forcé est un faux pardon.

Il laisse un arrière goût d’inachevé.


Certaines personnes se mettent la pression : 

“Je devrais déjà avoir pardonné”.

“Si je ne pardonne pas, je suis bloquée”.


Cette pression est une couche supplémentaire de violence intérieure.


Le pardon véritable vient du cœur.

Et il est important de comprendre que le cœur a son propre rythme !


Alors comment savoir si on est prête ?


> Voici quelques indicateurs : 

  • La colère n’est plus explosive,

  • Le souvenir ne déclenche plus une réaction physique intense,

  • Il y a une curiosité de comprendre au lieu de condamner,

  • L’idée de pardonner ne génère plus de résistance viscérale.


Si ces éléments ne sont pas présents, ce n’est pas un échec.


Cela signifie simplement que ce n’est pas encore le moment de pardonner mais que vous êtes bel et bien en chemin puisque vous avez déjà mis de la conscience dessus.


La Gestalt nous rappelle que le respect du rythme de chacun est fondamental pour arriver au pardon !

Forcer le pardon revient à interrompre un cycle naturel.


Parfois le travail consiste d’abord à se donner la permission de ne pas pardonner : Et rien que cela est profondément réparateur.


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Conclusion : Le pardon comme un chemin vivant d’évolution et de liberté !


Le pardon n’est pas une ligne d’arrivée, c’est une trajectoire intérieure.


Il peut être partiel, progressif, parfois réversible.


On peut croire avoir pardonné, puis découvrir une nouvelle couche à explorer.


Ce n’est pas un échec, c’est juste la constatation de votre état d’évolution.

Vous êtes conscientes de votre avancée sur le chemin du pardon.


La Gestalt nous invite à voir le pardon comme un mouvement de conscience : 

Une manière de reprendre contact avec soi, d’intégrer ce qui a été vécu et de choisir comment continuer.


Il n’a aucune obligation morale, ni de délai universel pour pardonner !


Une seule question ultime :

“Suis-je en train de me rigidifier autour de cette blessure, ou suis-je prête à la laisser évoluer ?”


Le pardon apporte un nouvel élan de vie...

Et souvent le premier acte de pardon consiste à se pardonner à soi-même.


Si cette réflexion vous touche, si vous sentez le besoin d’explorer ce mouvement vers plus de fluidité, n’oubliez pas que la Gestalt Thérapie a un secret pour vous…


Et si cette année vous appreniez à pardonner justement pour vous rendre la vie plus douce ?





 
 
 

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